Comme tout bon débutant, j'ai d'abord
compulsé les actes d'état civil, je les ai lus, relus,
décortiqués. J'y ai trouvé des éléments
me faisant avancer dans mes recherches, puis déniché
quelques surprises familiales !
Après un an de recherches, j'ai, sans trop de difficultés,
identifié mes ascendants jusqu'au XVIIème siècle.
Mais cet aspect comptable ne me suffisait pas et je voulais mettre
mes pas dans leurs pas, aller là où ils avaient vécu.
Cet été, j'ai donc parcouru le Sud meusien, berceau
de mes aïeuls ; j'ai visité ainsi 16 villages dans
un rayon d'une cinquantaine de kilomètres, distants parfois
de 2 à 3 kilomètres, et où mes ancêtres
se sont croisés au fil des générations.
J'ai visité les seules églises ouvertes, arpenté
les cimetières, les rues, à la recherche de traces
ultimes. J'ai appris à mes dépens que, pour l'essentiel,
au delà du XIXème siècle, j'avais fort peu
de chances de trouver la tombe d'un aïeul !
Ces visites auraient pu paraître fastidieuses et désolantes
si je ne m'étais pas imaginé que les cimetières
reflètent parfois la vie d'un village ! Autrefois, le
cimetière était un lieu d'échange, un espace
ouvert ! Les villageois y traitaient leurs affaires, prenaient
des décisions communales, la jeunesse s'y retrouvait pour
des jeux plus ou moins avouables. C'était un lieu familier
appartenant à tous : les autorités religieuses, ulcérées,
décidèrent de le placer hors du village, et de lui
conférer l'aspect sacré, parfois lugubre et triste
qu'on lui connaît aujourd'hui ; il en va de même de
l'approche de la mort dans notre société...
Le déplacement des cimetières à la lisière
du village, l'abandon des sépultures autour de l'église,
au pire rasées, au mieux déplacées, servant
de dallage autour de l'édifice, (comme à Mauvages,
ou à Gondrecourt-le-Château), ou retrouvées
adossées au mur de l'église, sont les causes essentielles
du peu de résultats obtenus.
Ancien cimetière autour de l'église
de Brixey-aux-Chanoines
dominant la vallée de la Meuse
Quand le cimetière est toujours derrière l'église,
(comme à Naives-en-Blois,Vouthon-Bas, Clérey-la-Côte),
les tombes antérieures au XIXème siècle ne
sont plus identifiables, leurs occupants sont retournés
dans l'anonymat de la terre ou de la fosse commune.
A Vouthon-Haut, seul le souvenir familial m'a
permis d'identifier une tombe : simple motte de terre et
deux planches pour la croix... car les origines simples et essentiellement
paysannes de ma famille ne m'ont pas beaucoup aidée.Les
seules tombes, finalement identifiées, sont des concessions
perpétuelles appartenant :
- à un notable d'Abainville,
sur les rives de l'Ornain, et à ses enfants, lignée
de forgerons, les "SALINS",
- à Emmanuel GREMILLET à Vacon,
" Lauréat de l'Académie Française, prix
Montyon 1891 ", dont d'ailleurs l'Institut, sur ma requête,
n'a trouvé aucune trace !
- aux "HIERARD", vignerons qui "reposent
à l'ombre de cette croix" dans un entrelacs de pierres
et de vignes sculptées, une curiosité à Méligny-le-Petit.
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Tombe du début du XIXème siècle
à Méligny-le-Petit
Comme le cimetière, l'église était le lieu
de rassemblement de la communauté, pleine de bruits, de
vie, le point de repère du village bien avant de devenir
un sanctuaire ! Aujourd'hui, la plupart sont fermées, mais
j'ai cependant été charmée par toutes celles
que j'ai pu visitées. Dans l'église romane de Gondrecourt-le-Château
du XIème siècle, j'ai pu admirer l'autel en bois
repeint et doré. C'était déjà un lieu
de culte en 1090 comme "église du prieuré et
de la Paroisse", elle fut classée seulement en 1971.
Je me suis arrêtée aussi dans l'église de
la nativité de Broussey-en-Blois. J'y
ai contemplé le choeur du XIIème siècle,
la voûte bleue constellée de fleurs de lys dorés,
la tour et la nef reconstruites en 1780.Je me suis reposée
dans l'église immaculée du XVIIème siècle
de Méligny-le-Petit. Mais je voudrais
vous faire partager le coup de coeur que j'ai eu pour l'église
de Clérey-la-Côte, village aux croisements
des Vosges, de la Meuse, et de la Meurthe et Moselle, qui domine
la vallée de la Ruppe. Elle a été rénovée
il y a deux ans par les Compagnons du Tour de France qui ont découvert,
au cours de leurs travaux, des pierres gallo-romaines et des vestiges
d'une tombe mérovingienne attestant d'un lieu de culte
initial à l'emplacement de cette église reconstruite
en 1763. On peut y admirer une Vierge du XIVème siècle,
y remarquer les tombes des seigneurs du lieu-dit "DE COURCELLES",
et une statue de Saint Sébastien, à gauche du choeur.
Ce qui m'a surtout frappée, rendant cette église
très particulière, c'est sa voûte en bois,
pour laquelle je n'ai trouvé aucune explication.
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Eglise de Broussey-en-Blois
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Eglise de Méligny-le-Petit
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Eglise de Clérey-la-Côte
A 600 mètres de Clérey-la-Côte,
entre Ruppes et Sauvigny, on
peut voir la chapelle de Moncourt qui abrite
une Vierge en pierre du XIIIème siècle, et où
coule, dit-on, une source miraculeuse pouvant guérir les
maux d'intestins : si vous étiez plongé dans la
source et que votre chemise flottait, vous guérissiez !
Sur le chemin du retour, en passant par Mauvages, j'ai pu m'étonner
devant l'architecture monumentale de la fontaine-lavoir du "
Déo ". Les villageois l'appelaient ainsi parce qu'ils
voyaient un dieu en lieu et place de la statue centrale qui représente
en fait un jeune éphèbe égyptien. Classée
monument historique en 1995, cette fontaine, édifiée
en 1831 par l'architecte barisien Théodore OUDET, est inspirée
des expéditions de Bonaparte en Egypte.
Fontaine-Lavoir du "Déo" à Mauvages
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Mon périple a pris fin, après une longue journée
de découvertes et de surprises. Mes aïeuls ne sont
plus une longue litanie de noms et de dates, je les ai imaginés
dans les rues de leur village, dans cette maison ou dans cette
autre, à l'église ou au cimetière, à
la peine dans les champs, dans leurs ateliers, officiers d'état
civil ou simples journaliers. Pour moi, ils ont repris vie et
je souhaite à tous un jour de faire une aussi belle promenade
sur la trace de leurs ancêtres.
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| Giselle BOEHLER, nouvelle
adhérente |
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